Accompagnement des enfants exposés aux violences conjugales


Accompagnement des enfants exposés aux violences conjugales et soutien à la relation mère-enfant

Porteurs du projet : Metz C, Razon L, Thevenot A, Chevelérias M-P, Goldsztaub L, Marianne C

Financement : Prix recherche-action de la fondation Mustela 2013

Notre perspective est double : proposer une prise en charge la mieux adaptée à la réalité de ce que vivent les enfants et leurs mères, et prévenir la récidive et la reproduction transgénérationnelle des violences conjugales.

Résultats : La recherche-action a permis d’appréhender l’impact psychique des violences sur les enfants grâce aux bilans psychologiques ; ensuite le vécu des femmes lors d’entretiens de recherche, afin d’étudier la formation du couple et ce qui conduit aux violences. Enfin, nous avons exploré les dispositifs d’accompagnement au travers d’entretiens avec les professionnels concernés. Puis, des groupes de paroles ont été mis en place avec les mères, et avec les enfants des ateliers de dessins et de jeux visant l’expression, la verbalisation, le repérage des émotions et la communication non-violente.
Du côté des femmes sont apparus des enjeux psychiques qui s’enracinent dans l’histoire infantile et dans des représentations de genre : ainsi le choix du conjoint qui reprend les traits d’un père violent mais aimé, et/ou les modalités du lien à l’autre intériorisé depuis l’enfance. Deux mécanismes psychiques défensifs font perdurer le lien empêchant toute séparation : le clivage qui permet à la femme de scinder l’homme en deux parties, l’une violente, l’autre préservant une image positive en effaçant les traces mentales des violences subies ; l’autre mécanisme étant une forte ambivalence, l’amour étant maintenu vivace par le sentiment amoureux originaire qui reste immuable du fait d’une idéalisation de l’homme comblant les manques infantiles. Ces éléments sont perçus par les professionnels qui repèrent leur difficulté à s’engager dans des processus de changement. Les mères, en état de détresse, apparaissent en difficulté pour investir leur enfant.
Du côté des enfants, les bilans psychologiques montrent des failles subjectives considérables, et des prémisses de problématiques liées aux violences conjugales apparaissent chez ces enfants témoins. L’intériorisation des modalités relationnelles violentes est constante. Les relations de domination entre sexe et genre se font jour. Chez les filles, se dessinent des problématiques similaires à celles des femmes : évitement de la pensée, quête affective et passivité apparente. Enfin, les observations lors des ateliers indiquent les nombreux signes cliniques de souffrances repérables chez mères et enfants, mais aussi l’absence de place pensée et réservée à l’enfant dans le lieu d’hébergement.
Les préconisations sont donc prioritairement l’accompagnement des enfants et l’aménagement de leur place dans les lieux d’hébergement, l’accompagnement psychologique de leurs mères pour les soutenir dans la relation mère-enfant, mais aussi pour dénouer l’enracinement de la violence subie dans leur histoire infantile. Enfin, il est urgent de sensibiliser tous les publics aux stéréotypes de genre. La non-reproduction des violences conjugales est à ce prix.

resume-RAPPORT MUSTELA